Présentation de la conférence

Conférence Transports et Mobilité

Vendredi 29 Juin 2018 à Nantes

 Transition énergétique : Mythe ou réalité pour les PME ?

GNV, une filière clé

Alors que les régions s’affirment comme acteur de premier plan dans le domaine des transports et de la mobilité, avec des compétences renforcées, l’urgence climatique se traduit dans les schémas et les outils de programmation dont elles ont la responsabilité.

Pour les transports routiers, l’alternative la plus plausible au vue des enjeux sanitaires, écologiques et économiques est le Gaz Naturel Véhicule (GNV). Cette énergie est l’une des plus pratiques, dans l’immédiat, pour les services régionaux de voyageurs. Mais comme ces entreprises connaissent une diversification progressive de leurs activités avec l’extension des périmètres de transport, il leur faudra appréhender également d’autres formes d’énergie, comme l’électricité, plus adaptée à des circulations urbaines et périurbaines. Et ceci sans présager des évolutions qui se font déjà jour du côté de l’hydrogène.

Les vertus du GNV

Le GNV est du gaz naturel utilisé comme carburant ; il est identique à celui utilisé pour le chauffage ou la cuisson. Ce gaz est différent du GPL, Gaz de Pétrole Liquéfié qui est un produit liquide constitué en proportions à peu près égales de butane et de propane. Le GNV est lui constitué essentiellement de méthane. Contrairement au GPL, le GNV est plus léger que l’air ce qui limite le danger en cas de fuite.

Pour s’inscrire parfaitement dans la démarche de transition énergétique c’est vers le bioGNV qu’il faudra logiquement s’orienter à terme. Le biométhane, utilisé comme carburant est doté des mêmes qualités que le GNV. Très présent dans les projets de certaines régions, à ce jour (Pays de la Loire, mais aussi Hauts de France, etc.), il est 100% renouvelable, produit grâce à la fermentation des déchets, d’origine agricole en particulier mais également déchets ménagers et boues de station d’épuration. Son intérêt consiste aussi à contribuer au développement d’une économie circulaire.

Les performances environnementales de cette technologie sont à souligner :
• quantités de polluants (NOx, particules fines…) inférieures aux seuils de la norme Euro 6,
• moins de CO2 émis pour le BioGNV par rapport au diesel,
• et diminution des nuisances sonores.

Des incitations juridiques assurent à la filière du GNV un avenir prometteur : la loi sur la transition énergétique, le décret sur les véhicules à faibles émissions, la programmation pluriannuelle de l’énergie, la mise en place des Certificats Qualité de l’air « Crit’Air », accompagnés des zones à circulation restreinte et la future loi sur la mobilité constituent en effet des indications juridiques fortes à son déploiement. De même, des incitations fiscales sont au rendez-vous, grâce au maintien du suramortissement et au gel de la TICPE du GNV et BioGNV.

Mais la transition énergétique ne s’inscrira pas de manière concrète en dehors de politiques territoriales adaptées. D’appels à projets en appel d’offres pour les décisions concernant l’exploitation des services, les enjeux de la transition énergétique commencent à être nettement perceptibles dans le transport routier au niveau régional, avec, dans la plupart des cas, l’appui des syndicats départementaux d’énergie, acteurs de proximité.

Pour aller plus loin

Une innovation n’est un progrès que si elle se traduit de manière opérationnelle et économiquement soutenable ; et la transition énergétique, à travers le déploiement du BioGNV issu de la méthanisation et à plus long terme de la méthanation peut en offrir un exemple vertueux. Elle s’adosse à une technologie moteur mature et un réseau de distribution du gaz naturel performant. Même si les questions de l’avitaillement et de l’offre véhicule demeurent des interrogations non satisfaites à ce jour.

Enjeux des stations – implantation et accès

La France affiche aujourd’hui les moyens d’une ambition forte en matière de transition énergétique notamment dans le secteur du transport routier. Mais le respect des objectifs fixés par le Plan Climat peut d’ores et déjà s’appuyer sur les initiatives qui ont généré une dynamique positive de la filière française du GNV/BioGNV.

Parmi les points clés, le déploiement des stations est évidemment fondamental. Prolonger le développement actuel permettra un maillage national efficace en infrastructures GNV/BioGNV, publiques, mutualisées ou encore privatives.

L’accélération du développement des points d’avitaillement passe par l’émergence de stations multisectorielles adaptées au besoin de tous les utilisateurs (PL, VL et VUL). La coordination des acteurs du transport routier de marchandises et de personnes (TRM et TRV) peut faire émerger les stations aux endroits stratégiques dans les territoires et permettre aux entreprises de transports de convertir leur flotte vers une solution plus écologique et, à terme, financièrement rentable.

Le développement de la filière méthanisation

Actuellement, la France est le 5ème producteur européen de biométhane avec 32 sites qui injectent ce gaz dans les réseaux. Une petite centaine d’unités de méthanisation sont attendues pour fin 2018. Cette année s’annonce donc comme une année charnière. Un groupe de travail a été lancé le 1er février dernier par le secrétaire d’État Sébastien Lecornu.

Conclusion

L’essor du GNV au sein du réseau REUNIR : une approche en trois temps

Les entreprises du réseau RÉUNIR se positionnent différemment selon les territoires dans lesquels elles sont implantées et les exigences formulées en particulier lors des appels d’offres. Cette approche diversifiée présente un avantage : parce qu’elles mutualisent leur expérience, elle permet une approche si ce n’est exhaustive, du moins très intéressante de la transition énergétique, à un moment où des interrogations subsistent, pour sa mise en œuvre complète.

Le développement des relations avec les acteurs de la filière.
Pierre angulaire de cette mutualisation, une convention de partenariat avec GRDF en 2017 reconduite en 2018, a permis un rapprochement avec l’AFGNV en 2017 et une adhésion en 2018.

Le GNV / BioGNV est en effet perçu comme une des réponses possibles pour satisfaire le mix énergétique. C’est une orientation sensible dans les politiques régionales examinées. Dans ce contexte, RÉUNIR s’est naturellement rapproché de ces deux acteurs majeurs de la filière : GRDF et l’AFGNV. L’objectif étant de se faire accompagner par des équipes compétentes et de dynamiser les projets.

Au sein d’une entreprise, le développement du GNV est abordé comme un projet global avec une prise en compte de tous les paramètres : avitaillement, véhicule, formation des équipes, mise en conformité des sites…Et les expérimentations menées permettent d’en approcher toutes les dimensions.

L’apprentissage de la filière au sein du réseau en plusieurs étapes.
Après une étape pédagogique via de la sensibilisation et de l’information sur les nouvelles énergies, le réseau RÉUNIR est maintenant passé à une phase plus opérationnelle, avec le déploiement de projets concrets. Chaque projet fait l’objet d’un accompagnement spécifique, par les équipes en entreprise et le pôle environnement, pour identifier les solutions techniques les plus adaptées au marché et permettre d’optimiser l’exploitation des lignes : station publique à proximité, station privative à construire, avitaillement lent ou rapide, type de véhicule sachant que l’autonomie moyenne est de 500 km…

RÉUNIR compte plusieurs initiatives en cours, avec des approches différentes, en fonction des usages des véhicules et des activités :
• Etude de faisabilité d’une conversion de flotte totale ou partielle • Construction d’une station privative • Elaboration de cartographies pour étudier la solution optimale d’avitaillement en fonction des paramètres d’exploitation • Achat de véhicules GNV • Déploiement d’expérimentations longues
• Présentations de véhicules aux donneurs d’ordre…

Le « lancement » complet de ses opérations sera effectué lors de l’Assemblée générale du 28 juin, et restitué lors de la Conférence du 29.

En 2018, les initiatives vont naturellement se poursuivre au sein du réseau RÉUNIR et venir s’ajouter à l’essai transformé en matière de transition écologique des entreprises Berthelet et d’Aéroport de Lyon qui assurent des services de navettes parking 100% BioGNV depuis début février.

 

En quelques chiffres…

·         16 500 véhicules GNV en circulation toutes activités confondues

·         75 stations publiques GNV sur le territoire en 2018

·         Une ambition de 250 stations GNV en 2020

·         80% du biométhane consommé à ce jour sous forme de carburant (BioGNV)

·         30% de BioGNV dans le réseau en 2030 et 100% en 2050

·         Un bilan carbone quasi-neutre pour le BioGNV

·         Une réduction de 95% de particules fines et de 50% de NOx (par rapport à la Norme Euro VI gaz)